
ANIMALIER
Il y a, dans le monde sauvage, une présence qui me touche profondément. Un mouvement, une posture, un regard parfois suffisent à révéler une personnalité, une force, mais aussi une fragilité.
Je ne cherche pas à reproduire simplement ce que j’observe. Ce qui m’intéresse est ce qui se trouve au-delà de l’apparence : cette part de vie que l’on devine dans un être, cette manière singulière d’exister qui le rend unique.
Peindre devient alors une façon de retenir ce qui pourrait disparaître. J’aime l’idée que la toile puisse conserver une trace, prolonger une présence et, à sa manière, immortaliser un être dans un monde où tant d’entre eux sont aujourd’hui menacés.
Car derrière la beauté du sauvage, il y a aussi une réalité plus sombre : des habitats qui disparaissent, des espèces fragilisées, des vies confrontées à des souffrances que nous ne voyons pas toujours. Je ne cherche pas à les raconter, mais à leur donner une place dans mon travail.
À travers ces peintures, je souhaite avant tout créer une rencontre. Que celui qui les découvre puisse s’arrêter un instant, ressentir quelque chose et peut-être porter ensuite sur le vivant une attention différente.
Peindre l’animal, c’est finalement pour moi tenter de préserver une trace de ce qui existe aujourd’hui, avec l’espoir que cette beauté ne devienne jamais seulement un souvenir.























